Je veux que mes relecteurs n'aient plus rien à corriger
Je publie quatre articles par semaine sur mon apprentissage avec l'IA. Je ne les tape pas d'une traite, et l'IA ne les écrit pas toute seule non plus. Dès le début, je me suis fixé un but, un skill qui relit aussi bien que mes relecteurs humains, jusqu'au jour où ils n'auront plus besoin de relire.

Je publie quatre articles par semaine sur mon apprentissage avec l'IA. De l'extérieur, on imagine soit que je les tape d'une traite, soit qu'une IA les recrache toute seule.
Ni l'un ni l'autre. Il y a l'IA lâchée seule, et il y a l'IA cadrée par mon vécu et par une vraie relecture.
Viser leur niveau, pas juste « correct »
Mes articles passent par Antoine, mon relecteur. J'écris aussi des posts LinkedIn, que Stan relit. Ce que je vise depuis le début, c'est que l'IA relise aussi bien qu'eux.
Pour ça, je construis un skill, un fichier de consignes que je donne à l'IA pour qu'elle refasse une tâche toujours de la même façon. Là, la tâche est claire. Lui apprendre leur regard.
Le premier jet part de mon vécu
Un skill d'écriture fait le premier jet, mais pas à partir de rien. Il puise dans ma documentation, tenue à jour par un autre skill. Dedans, tout ce que j'ai vraiment fait dans la semaine.
Et il ne se contente pas de ce qui est déjà noté. À chaque article, il me pose quelques questions, ce que j'ai ressenti, ce qui m'a marqué. C'est là que je remets ma patte, plutôt que de le laisser inventer à ma place.
Ensuite, chaque retour d'Antoine devient une règle, écrite noir sur blanc dans mes skills. Elle entre dans les deux à la fois. Celui qui écrit ne refait plus l'erreur, celui qui relit la traque à chaque nouveau texte.
Un exemple. Antoine avait remplacé « beaucoup de skills » par « une flopée de skills ». Depuis, la règle est gravée, préférer le mot vivant au mot plat.
C'est cette boucle qui fait avancer les skills. Un retour, une règle.
Un relecteur qui ne sait rien
Stan m'a parlé des sous-agents, faire relire par une deuxième IA, lancée à part, qui n'a pas suivi la conversation. L'idée m'a plu. J'ai ajouté à mon skill de relecture un relecteur candide, qui découvre le texte sans rien savoir, ni ma documentation, ni les échanges qui ont servi à l'écrire.
C'est justement parce qu'il ne sait rien qu'il est utile. Moi je connais tout, donc je ne vois plus les incohérences ni ce qui manque. Lui, oui.
Un critique qui ne laisse rien passer
Puis Antoine a relu un de mes articles autrement. Une critique très dure, qui épluche le texte et ressort tout ce qui cloche, tout ce qu'on peut pousser plus loin.
Ça a tellement bien marché que j'en ai fait un critique permanent, dans le même skill de relecture. Le candide cherche ce qui n'est pas clair, le critique attaque tout le reste. Et il doit sortir les défauts avant qu'Antoine ne les voie.
Quand la boucle a calé
Trois semaines après avoir monté cette chaîne, le compte n'y était pas. Les mêmes retours revenaient, et mes skills ne progressaient plus vraiment d'une semaine sur l'autre.
Le problème, je l'ai vu après coup. J'avais un seul skill d'écriture et un seul de relecture, partagés entre les articles et les posts. Sauf que Stan et Antoine ne corrigent pas les mêmes choses, un post doit être court et taper fort, un article prend le temps de raconter.
Chaque règle apprise d'un côté brouillait l'autre. Alors j'ai tout séparé en quatre skills. Un pour écrire les articles, un pour les relire, et les deux mêmes pour les posts LinkedIn.
Chaque skill n'a plus qu'une seule tâche. Depuis, chacun progresse pour de bon.
Antoine et Stan gardent encore le dernier mot
Au bout de la chaîne, un humain tranche encore. Antoine pour les articles, Stan pour les posts. Ils voient ce qu'aucun relecteur automatique ne verra, un mot qui sonne faux, le détail qui sent encore l'IA.
Le progrès, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Antoine. Les articles sont meilleurs, il corrige moins.
Mais le but, le vrai, c'est qu'un jour Antoine et Stan n'aient plus besoin de relire. D'abord le skill monte à leur niveau, ensuite ils pourront lâcher. Le candide et le critique servent à ça, pousser le curseur jusqu'à ce que la chaîne et ma propre relecture suffisent.
Ce que j'en retiens
Alors non, l'IA n'écrit pas ces articles à ma place. Tout part de ce que j'ai vécu et documenté, et c'est nous qui corrigeons et qui tranchons. La patte reste la mienne.
Le déclic, ça a été de viser le regard d'Antoine et de Stan, pas juste un texte propre. Toute la chaîne s'est construite autour de ça.
Le reste tient en quatre réflexes :
- Transformer chaque retour en règle gravée.
- Faire relire par des regards sans contexte, un candide et un critique impitoyable.
- Donner à chaque skill une seule tâche.
- Garder un humain comme dernier juge.
L'article que vous venez de lire est passé exactement par cette chaîne. Le critique y a d'ailleurs trouvé une conclusion qui contredisait mon titre, corrigée depuis.
Et pour la première fois, Antoine n'a pas pu le relire avant publication. Il le découvrira plus tard, comme vous. Premier vrai test.


